[03/11/2014] De l’hébergement d’urgence à l’insertion

[CONSEIL METROPOLITAIN DU GRAND LYON – 03 NOVEMBRE 2014]

#LA METROPOLE DOIT AGIR SUR L’ENSEMBLE DE LA CHIANE DU LOGEMENT : DE L’HEBERGEMENT D’URGENCE A L’INSERTION

@NATHALIE PERRIN-GILBERT- CONSEILLERE METROPOLITAINE


Délibération n°2014-0427 Convention partenariale d’objectifs entre la Communauté urbaine de Lyon, l’État et l’association ARALIS sur son parc d’hébergement dans la Communauté urbaine. Période 2014-2018.

Monsieur le Président,  Mesdames et Messieurs les Vice-Présidents et Conseillers, cette délibération place notre assemblée devant plusieurs ambiguïtés.

  • Première ambiguïté : elle consacre un accord sur des objectifs partagés avec l’État et une association, ARALIS, objectifs pour lesquels notre Collectivité ne prend aucun engagement. Faut-il donc y voir une sorte de simple « participation morale » ?
  • Deuxième ambiguïté : la délibération porte également un objet général, l’hébergement, pour lequel notre collectivité ne s’engage pas non plus aujourd’hui.
  • Enfin, dernière ambiguïté : cette délibération s’inscrit dans une période qui de 2014 à 2018 engage la Métropole comme si les prérogatives, les engagements et les objectifs de cette dernière en matière d’hébergement étaient d’ores et déjà figés et inscrits dans le marbre.

« L’hébergement social répond à des besoins exprimés par des publics en situation précaire, de logement d’urgence, de logement temporaire ou de transition » rappelle en préambule le texte que nous votons ce soir. Nous pensons que l’importance de cette fonction nécessite de nouvelles formes d’organisation. Celles-ci doivent dans un souci de cohésion prendre en compte « l’amont » et « l’aval » évoqués dans cette délibération.

Notre collectivité sait prendre en compte le segment aval, celui du logement social ordinaire. Elle le fait bien à partir d’orientations cohérentes et d’acteurs de qualité et engagés. Il lui reste à s’impliquer dans le segment amont, celui de l’hébergement d’extrême urgence.

C’est ainsi et seulement ainsi que nous saurons répondre aux défis qui se posent à nous déjà aujourd’hui. Le grand nombre de personnes à la rue chaque soir et le mauvais procès fait aux associations impliquées dans le plan froid en 2013/2014 lors des remises à la rue doivent nous inciter à construire d’autres réponses. La Métropole ne doit pas se défausser sur l’État pour exercer une autorité réelle sur l’ensemble de la chaîne qui conduit de l’hébergement d’urgence à l’insertion.

C’est dans ce sens que la ville de Paris vient d’engager sa responsabilité dans un Pacte pour la lutte contre l’exclusion. C’est aussi avec le souci de cette responsabilité collective que les Présidents des grandes associations et le Président du Conseil National des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion (CNLE), Etienne Pinte, viennent de lancer un appel à la tenue d’une conférence nationale de consensus sur le sans-abrisme familial.

La convention d’objectif avec ARALIS permettra certainement d’améliorer la qualité d’un parc qui pèche trop souvent par sa vétusté dès lors que les moyens de cette amélioration lui seront donnés. C’est pourquoi je l’approuverai par mon vote. Cependant elle ne suffit pas à répondre aux besoins de la Métropole qui devra se donner les moyens d’agir sur l’ensemble de la chaîne du logement en prenant la compétence hébergement.

C’est en ce sens que notre groupe poursuivra son action et l’expression de ses attentes pour les plus démunis de nos concitoyens et pour préserver la qualité du travail de nos associations et des travailleurs sociaux.

Nathalie Perrin-Gilbert, Présidente du Groupe de Réflexion et d’Actions pour la Métropole

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