[19/12/2014] Débat d’orientation budgétaire

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[CONSEIL MUNICIPAL DE LYON – 19 DECEMBRE 2014]

#UN DEBAT D’ORIENTATION BUDGETAIRE NE PEUT SE TENIR EN DEHORS D’UN PLAN DE MANDAT

@NATHALIE PERRIN-GILBERT – CONSEILLERE MUNICIPALE

 


Une remarque préliminaire d’abord… l’Etat, l’Etat, l’Etat… Qu’avons-nous entendu ce mot ce matin ! Si nous entendons bien les contraintes qui pèsent aujourd’hui sur nos communes, laissez-moi vous dire ceci :

–          d’une part, les plaintes incantatoires ne font pas avancer la situation,

–          d’autre part, et même si je reconnais bien là votre goût pour la dramaturgie grecque, l’Etat n’est pas une fatalité, une entité divine hors du temps qui s’abattait sur nous.

L’Etat, c’est une politique portée et menée par un gouvernement dont vous avez soutenu la candidature. Ce sont des politiques votées par des parlementaires, députés et sénateurs, dont certains siègent parmi ces rangs. Et d’ailleurs, parmi ces parlementaires et au sein du Parti Socialiste, vous n’êtes pas le dernier à avoir demandé au gouvernement de la rigueur budgétaire pour maitriser la dette. Comment se plaindre ici dès lors ?

L’Etat c’est la responsabilité d’une politique menée par des élus nationaux, avec lesquels vous devez travailler et auprès desquels il convient de porter efficacement vos requêtes.

 

 

Une remarque sur les droits de mutation, évoqués par M. Brumm, à présent. La baisse des droits de mutation est dûe au ralentissement de l’activité économique en général mais aussi à des prix de l’immobilier prohibitifs. Les prix à l’achat sont devenus inaccessibles aux ménages. Voilà pourquoi il y a ralentissement des transactions immobilières !

Nous redemandons donc que la ville de Lyon s’engage comme Grenoble, comme Lille, à appliquer ce que permet la loi ALUR sur l’encadrement des loyers. C’est en ramenant les prix de l’immobilier (loyers et foncier compris) à des hauteurs raisonnables au regard des capacités des ménages, que nous pourront retrouver du mouvement donc des recettes et des marges de manœuvre.

Je vais vous dire maintenant, plus largement, ce que m’inspire le débat que vous proposez aujourd’hui. C’est tout sauf un débat d’orientation budgétaire !

D’une part parce qu’un débat d’orientation budgétaire ne peut se tenir en dehors d’un plan de mandat qui va guider nos choix pendant  6 ans. En séance publique du 8 septembre dernier, à l’occasion des questions du 1er arrondissement, vous aviez répondu que nous aurions le vote sur le plan de mandat en novembre 2014. Nous n’avons toujours pas eu ce débat. Comment parler d’orientation budgétaire quand on ne sait pas où l’on va ? Le groupe Lyon citoyenne et Solidaire ne pourra pas voter un budget 2015 qui ne s’inscrirait pas dans une vision politique d’ensemble sur 2014/2020.

Les différents leviers que nous a présentés succinctement M. Brum devraient aboutir à préserver pour le mandat 2014/2020 une capacité d’investissement de 600 millions d’€, et ce qui doit guider notre débat d’orientation budgétaire est : sur ces 600 millions d’€ quelles sont nos priorités politiques ?

Mais je crains que le débat ne puisse porter sur cette enveloppe, d’où peut être votre embarras pour nous présenter un plan de mandat. Il apparait en effet que sur ces 600 millions d’€, la moitié (300 millions d’€) vont servir à financer les « coups partis », c’est à dire des projets lancés et pour une partie réalisés, des projets sur lesquels vous vous êtes appuyés pour assurer votre réélection mais qu’en fait nous allons payer durant ce mandat.

Reste donc pour notre mandat 300 millions d’€. Si on leur enlève les 120 millions estimés nécessaires pour faire face aux dépenses obligatoires (je pense par exemple aux travaux à hauteur de 20 millions d’€ pour traiter l’amiante au sein de la bibliothèque municipale de la Part Dieu), il ne reste plus que 180 millions d’€ d’investissements à répartir sur 6 ans. J’imagine que cette réalité signe l’arrêt du projet pharaonique d’une nouvelle maison de la danse à Confluence à hauteur de 100 millions.

Je termine en disant que le groupe Lyon citoyenne & Solidaire ne pourra en janvier prochain voter pour un budget bâti sur de telles bases ; ne pourra voter non plus une hausse d’impôts de 5% qui pèsera sur nos contribuables, une hausse de 2 % annoncée sur les tarifs de cantine, une hausse de 4€ sur les stationnements résidents mensuels, hausses toutes les deux prévues en 2015.

Nous ne voterons pas des hausses d’impôts ni de tarifs municipaux qui feront peser sur les ménages lyonnais les choix budgétaires et politiques de votre précédent mandat, des choix que nous n’avons pas cautionnés.

Nathalie Perrin-Gilbert

Débat d’orientation Budgétaire 2015

 

 

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