[19/12/2014] Relocaliser une activité économique et artisanale

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[CONSEIL MUNICIPAL DE LYON – 19 DECEMBRE 2014]

#RELOCALISER UNE ACTIVITE ECONOMIQUE ET ARTISANALE AU PLUS PROCHE DES LIEUX DE VIE

@ARTHUR REMY – CONSEILLERE MUNICIPALE


Avec les élus Lyon Citoyen & Solidaire, nous voterons avec une attention particulière cette délibération.

Bien que les quartiers anciens sortent vraisemblablement de la politique de la ville (tout du moins c’est l’hypothèse qui nous est présenté ; nous en attendons toujours la confirmation), la poursuite du dispositif FISAC sur une année est une bonne chose. Je tenais à le souligner, car la revitalisation économique reste l’un des enjeux majeurs de ces quartiers anciens et le FISAC y contribue pleinement.

Créé en 1989, le FISAC a depuis été souvent amendé. Le dernière loi en date qui modifie en profondeur ce dispositif est la loi ACTPE, dite loi PINEL.

Son objectif premier est de préserver les commerces de proximité pour plus de diversité urbaine. Pour cela, elle vise une régulation du marché de l’immobilier commercial, au profit de petites activités économiques qui répondent aux besoins des habitants en cœur urbain. A savoir :

–         une réforme du régime des baux commerciaux ;

–         une maîtrise des loyers avec une limitation des hausses de 10 % par an ;

–         un renforcement du droit de préemption commercial des communes et intercommunalités.

La loi PINEL permet aussi la simplification et l’accélération des procédures d’implantation des commerces. Et ceci a des impacts sur un champ plus vaste, celui de l’urbanisme commercial. L’interrogation qui doit être la notre est la suivante : quelle localisation préférentielle des commerces et activités artisanales doit être privilégiée afin de modifier les logiques de mobilités des ménages ?

Pour répondre au défi écologique auquel nous faisons face, il est pour moi nécessaire de contraindre le développement des centres commerciaux en périphérie pour relocaliser une activité économique et artisanale au plus proche des bassins de vie des habitants. C’est ce modèle de territoire que nous devons promouvoir !

Plusieurs outils existent : le DACC, le SCOT, les CDAC etc. Quoi qu’il en soit, l’ensemble de ces leviers d’urbanisme commercial dépendent de la collectivité territoriale compétente. J’attends donc que la future Métropole de Lyon soit plus proactive en matière d’aménagement commercial, notamment sur le renouvellement de nouvelles zones de centres commerciaux[L1] .

J’attends aussi qu’elle soit en capacité de coopérer avec les collectivités environnantes, car nous l’avons déjà dit, la métropolisation ne s’arrête pas aux limites du Grand Lyon[L2] .

Car si, comme je l’ai déjà souligné, des efforts sont réalisés sur, l’ encadrement de  la localisation des commerces, les résultats sont mitigés comme en fait état un rapport  de l’Agence d’Urbanisme de la Région Rhône-Alpes[L3] .

En effet, ce rapport identifie une tendance macroéconomique déprimée : le moral d’achat baisse. Parallèlement, il identifie, sur la Région Rhône-Alpes, un accroissement continu des grandes surfaces (à titre indicatif : on dénombre 1000 m2 de grandes surfaces pour 1000 habitants dans notre région…).

On a là un paradoxe de la consommation et à mon sens, les éléments du débat sont là. Car si un nouveau modèle économique de localisation des commerces est vital, un modèle commercial de proximité, il apparaît que les consommateurs ne changent pas pour autant leurs habitudes.

Alors, je vous soumets 3 propositions pour lever ce frein :

L’accès d’une part, à des produits de consommation courante à coût raisonnable.

Pour beaucoup, consommer en proximité nécessite un investissement que leur budget ne leur permet pas.

Je crois donc qu’il faut développer un nouveau modèle de consommation. Un modèle plus solidaire qui se veut être redistributif et circulaire. Dans cette optique, les élus du 1er arrondissement souhaitent promouvoir le champ de l’ESS sur leur territoire via notamment  :

–         la réalisation d’un diagnostic sur les modes de consommation des habitants, afin de créer une coopérative d’achats ;

–         l’engagement de la mairie d’arrondissement dans la démarche Zéro Déchet impulsée par l’ADEME ;

–         la volonté affirmée de voir s’installer dans la Halle de la Martinière un groupement de producteurs locaux.

L’articulation d’autre part des grandes stratégies de territoire à la micro-échelle des quartiers. Parce que ce n’est pas le tout de dire des choses dans un document cadre pour ne pas avoir une politique opérationnelle volontaire[L4] . Pour créer des linéaires commerciaux pérennes dans le temps :

–         Dans les opérations urbaines nouvelles, nous devons proposer une mixité fonctionnelle et laisser une place aux commerces dans la programmation des quartiers. Cela évite les effets dortoir ou sans vie.

–         Dans le tissu urbain existant, la ville de Lyon a deux rôles : l’animation en soutenant les démarches d’association de commerçants ; et l’aide financière à l’installation de commerces de consommation courante. Les élus du 1er veulent aussi inscrire dans le futur PLU-H des zones sauvegardées de commerces.

Enfin,  : le refus d’étendre l’ouverture des commerces le dimanche. Comme l’a justement dit Anne Hidalgo lors du dernier Conseil de Paris : « La généralisation du travail du dimanche, c’est la mort du petit commerce, comme cela s’est passé dans d’autres villes ».

Cette proposition gouvernementale va à l’encontre de ce que nous souhaitons défendre. Car si elle est réclamée par le secteur de la grande distribution, l’ouverture des commerces le dimanche n’est pas à juste titre souhaitée par les petits commerçants.

Monsieur le Maire, pour ma part, je le crois pleinement, notre Société ne peut se résumer à l’acte de consommer. Le dimanche doit être préservé comme un jour de respiration, un temps utile aux pratiques sportives, culturelles, associatives…

Monsieur le Maire, chers collègues, je vous remercie.

Arthur Remy

2014 / 754 : Opération de revitalisation économique des rez-de-chaussée commerciaux des quartiers Pentes de la Croix-Rousse, Moncey et Guillotière – 1er, 3ème et 7ème arrondissements – Prolongation de la phase 3 de l’opération FISAC et approbation d’avenants à des conventions

 

 

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