[26/01/2015] Conférence de consensus sur la protection de l’enfance

[CONSEIL METROPOLITAIN DU GRAND LYON – 26 JANVIER 2015]

#APPEL A UNE CONFERENCE DE CONSENSUS SUR LA PROTECTION DE L’ENFANCE

@ANDRE GACHET- CONSEILLER METROPOLITAIN


2015 – 0132 : Avenant à la convention à passer avec la Fondation AJD Maurice Gounon, le Département du Rhône et la Métropole de Lyon

Cette délibération concerne une institution bien connue des habitants de la Métropole, l’association des Amis de Jeudi Dimanche intervient depuis 1945 pour venir en aide aux enfants « menacés par la délinquance ».

Elle le fait grâce à l’intervention de la puissance publique et  au soutien de la société civile avec un fort engagement de 300 bénévoles. Son travail s’exerce à partir d’établissements habilités par le département et la PJJ, par l’Etat via la DDCS au titre de l’hébergement et de l’insertion sociale et enfin, par des services subventionnés et sur fonds propres (suivi du RSA, Chantiers éducatifs et vacances).

Il y a une actualité permanente de la protection de l’enfance, de la prévention des délinquances, des ruptures et des addictions, une actualité du suivi éducatif, des questions liées à la santé mentale et au soutien aux parents. La protection de l’enfance rassemble des actions prévues par le droit et qui figurent  dans le code civil, dans le code de l’action sociale et des familles et dans les codes pénal, de procédure pénale et de procédure civile. Auxquels il faut ajouter des références internationales en particulier la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

Dans le grand public on continue de parler des « enfants de la DDASS », alors que depuis 1983 la protection de l’enfance est du ressort des Conseils généraux. Aujourd’hui les « enfants de la DDASS » sont les « enfants de la Métropole ».

Enfants vis-à-vis desquels nous avons une responsabilité. La prise en charge dans les établissements d’accueil de jeunes majeurs qui permet la poursuite de l’accompagnement jusqu’à 21 ans est parfois grignotée faute de moyens et des jeunes majeurs de 19 ou 20 ans peuvent se retrouver renvoyés à eux-mêmes et à une forme de solitude sociale qui n’est pas toujours sans conséquences. Nous devons nous en soucier.

Et puis il y a aussi le travail de la prévention, avec des acteurs présents sur le terrain au quotidien, et je ne vais pas vous parler du dévouement des travailleurs sociaux qui affrontent pour nous et en notre nom grand nombre des difficultés sociales. C’est Fernand Deligny, .., qui disait aux éducateurs : « Lorsqu’on te parlera de ton dévouement, j’espère que tu seras bien étonné. Ou alors changes de métiers ». Non ce n’est pas de dévouement dont il est question ici mais de professionalisme, un professionnalisme qui doit être reconnu, soutenu  et pris au sérieux. Comme il nous faut prendre au sérieux le constat de Gérard Noiriel dans le Monde d’hier, du peu d’intérêt que suscitent les démarches novatrices engagées dans les quartiers populaires. « Les crédits sont en chute libre, nous dit-il, et les aspirations culturelles des travailleurs sociaux qui sont pourtant des relais indispensables pour la transmission des connaissances et des valeurs démocratiques, sont ignorées, voire même niées. »et il ajoute : « beaucoup d’entre eux se sentent complètement abandonnés ».

Oui c’est de tout cela qu’il est question autour de la convention avec la Fondation AJD qui en témoigne par ses activités. En votant cette délibération nous en assurons la poursuite. C’est bien, C’est utile, C’est important, mais cela ne peut nous suffire.

Nous partageons tous l’idée que la construction de la Métropole n’est pas la remise en cause des outils et des modes de fonctionnement antérieurs, mais qu’elle n’est pas non plus un simple  copier / coller. Il nous appartient de déterminer de nouveaux objectifs, de préciser le sens et la cohérence de notre action dans le domaine social.

Monsieur le Président, Chers collègues, ce qui est en cause c’est bien la marge de progression qui sera dégagée au nom du sens que la Métropole entend donner à son action sociale.

Il ne s’agit pas d’une question abstraite. Lorsque nous voyons un enfant de 7 ans accéder au CMP après des  violences commises à l’école, alors même que ce gosse n’a connu au cours de son existence aucune stabilité dans le logement baloté, d’expulsions en expulsions, nous ne pouvons pas ne pas poser la question de ce qui a fait défaut. Lorsque nous assistons depuis novembre dernier à l’absence d’accompagnement d’une jeune fille de 13 ans enceinte de 4 mois et qui a vécu à la rue jusqu’à ces tous derniers jours, nous ne pouvons pas ne pas poser la question de ce qui a fait défaut. Je sais bien que chaque fois que nous regardons la misère en face, nous prenons le risque de tomber dans le pathos, mais il s’agit aussi de réalités que nous devons appréhender parce que nous avons la responsabilité de les administrer. Pour cela, nous souhaitons vivement que notre assemblée s’en donne les moyens et suscite et soutienne les initiatives qui permettront l’élaboration d’orientations partagées fondatrices d’une politique métropolitaine.

Notre assemblée a besoin de renforcer ses connaissances pour déterminer les enjeux de ce secteur qui mobilise un grand nombre de professionnels, agents de la collectivité et des associations. La refonte du schéma départemental de la protection de l’enfance (de 2011/2015) doit permettre à la fois le bilan et la détermination de perspectives d’avenir. Les questions soulevées relèvent moins de l’organisationnel que du choix d’objectifs nouveaux. Comment la Métropole va-t-elle prendre en compte la place des enfants sans abri de moins de trois ans ? Comment va-t-elle garantir la cohésion familiale (non séparation des parents) dans l’urgence ? et bien d’autres…

Dans un domaine aussi important pour la cohésion sociale et qui relève de notre compétence, la réflexion doit trouver un cadre. Nous proposons que celui-ci prenne la forme d’une conférences de consensus.

La Conférence de Consensus est un outil capable de prendre en compte la complexité des missions à assumer, la diversité des moyens à mettre en oeuvre, la nécessaire appropriation par la collectivité, la cohérence entre les acteurs, les formes de la coopération institutionnelle, la contribution des associations et la mise à plat des points de controverse à partir de l’écoute des arguments contradictoires. Elle permet ainsi de regarder les questions qui peuvent nous diviser aujourd’hui et auxquelles pourtant nous devrons apporter des réponses. La conférence de consensus a pour fonction, sous l’égide du Conseil de Développement, de nourrir et de rendre possible le débat préalable aux décisions proprement dites. Cette méthode de travail a fait ses preuves, elle peut être appliquée à la protection de l’enfance, pour les raisons que nous avons évoquées.

Notre souhait est donc une proposition que nous espérons partager avec vous.

Merci de votre attention.

Délibération  2015 – 0132 : Avenant à la convention à passer avec la Fondation AJD Maurice Gounon, le Département du Rhône et la Métropole de Lyon

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