[23/03/2015] Centre de planification et d’éducation familiale

[CONSEIL METROPOLITAIN DU GRAND LYON – 23 MARS 2015]

#NECESSAIRE EGALITE TERRITORIALE DANS L’ACCES AUX CENTRES DE PLANIFICATION ET D’EDUCATION FAMILIALE

@NATHALIE PERRIN-GILBERT – CONSEILLERE METROPOLITAINE


Cette délibération a pour objet le renouvellement des conventions conclues initialement entre le Conseil Général et les Centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) associatifs et hospitaliers.

Du fait de ses nouvelles compétences, la Métropole de Lyon a désormais pour mission d’organiser sur son territoire les activités de planification et d’éducation familiale ainsi que la pratique des interruptions volontaires de grossesse (IVG) par voie médicamenteuse.

Une responsabilité grande qui nous incombe, avec des enjeux forts en matière de politique de santé publique.

Nous notons dans ce cadre, l’augmentation constante du public accueilli chaque année dans les centres de planification et d’éducation familiale, qu’ils soient hospitaliers ou associatifs, avec plus de 17.000 femmes et hommes accueillis en 2013.

Cette augmentation révèle que malgré une diffusion a priori massive de la contraception, la prévention des grossesses non désirées demeure une problématique, avec des difficultés encore importantes dans l’accès à la contraception et son bon usage.L’information, le conseil, l’accès à une contraception adaptée et choisie ainsi que la maîtrise de sa gestion demeurent donc des enjeux de santé publique très actuels.

 De plus, la disparition progressive des gynécologues en secteur 1 rend de plus en plus difficile l’accès au suivi gynécologique et contraceptif, y compris pour les personnes salariées aux revenus modestes. Cet état de fait contribue aussi à l’augmentation d’activité pour les centres, jusqu’à les fragiliser dans la qualité du service rendu : malgré l’importante amplitude des horaires, ils ne parviennent pas à répondre à tous les besoins avec des permanences souvent  « débordées » et un allongement des délais d’attente jusqu’à 3 mois pour une consultation médicale. Une attente peu compatible avec les situations d’urgence qui peuvent être vécues par les femmes et les délais légaux qui encadrent les interruptions volontaires de grossesse.

 On voit donc combien dans le cadre de ses nouvelles missions, la métropole de Lyon doit consolider cette politique de santé publique. Et dès lors qu’une partie de ce service public est assurée par des CPEF associatifs, nous estimons tout à fait nécessaire et justifié de nous diriger vers une contractualisation pérenne et stable avec ces associations.

Ainsi, et dans cet esprit, les centres de planification et d’éducation familiale fonctionnaient par conventions triennales avec l’ancien Conseil Général. Dans la délibération qu’il nous est proposée de voter ce soir, nous lisons qu’ « il est proposé, par mesure de simplification, de fixer la durée de chacune de ces 7 conventions à un an renouvelable par tacite reconduction ». Cette phrase signifie-t-elle la fin des conventions triennales ? Ou bien est-ce juste le temps d’une période transitoire, le temps pour notre métropole de déployer, en partenariat avec les CPEF hospitaliers et associatifs, les bases d’une politique forte en matière d’accès à la santé, à la prévention et à la contraception ?

Je terminerai mon intervention sur une préoccupation constante chez les élu.e.s du Groupe GRAM : il s’agit de la couverture de l’ensemble du territoire métropolitain par les services publics. A ce titre, j’aurai une remarque et une question :

Ma remarque : il est important de rappeler la nécessaire égalité territoriale dans l’accès aux centres de planification et d’éducation familiale. Nous devons donc être attentifs à ce que tout le territoire métropolitain soit bien maillé par ce service.Mais doit s’ajouter à ce bon maillage, en plus, la possibilité pour chaque habitante ou habitant de la métropole de choisir le centre où il/elle désire s’informer ou consulter. Nous avons bien conscience qu’une femme ou un homme qui vit sur une commune dotée d’un centre de planification n’ira pas forcement dans celui-ci pour des raisons de proximité de voisinage.

Ma question porte sur l’articulation et les liens entre les CPEF situés sur le territoire du Nouveau Rhône et les CPEF situés sur le territoire métropolitain. Car si le nombre de centres ne change pas sur le territoire Métropolitain, il se trouve de fait divisé par deux sur le territoire du Nouveau Rhône. Quid de l’accès égalitaire ? Quid de l’équité territoriale ? Où iront les femmes de ces communes ? Dans les CPEF de la Métropole ? Si oui, avec quelles facilités d’accès et quelle prise en compte de cette activité  par les pouvoirs publics ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *