[01/06/2015] Politique de la ville

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[CONSEIL MUNICIPAL DE LYON -1ER JUIN 2015]

#POLITIQUE DE LA VILLE : OU EST DONC PASSEE LA TRANSVERSALITÉ A LYON ?

@ARTHUR REMY – CONSEILLER MUNICIPAL

 


 

Nous avons et allons aborder au cours de ce conseil un certain nombre de dossiers ayant attrait à la programmation financière au titre de la politique de la ville. Ils viennent donc entériner les financements des structures qui participent au volet dit soft de cette politique. Nous les voterons, car avec les élus Lyon Citoyenne et Solidaire, nous croyons en l’action de proximité qu’exercent ces associations sur notre territoire en faveur de la réduction des inégalités territoriales.

Nous remarquons par ailleurs que l’ensemble des programmations financière ont été globalement reconduites par rapport aux années précédentes.

Nous tenions à souligner cet effort de la part de l’exécutif municipal de mobilisation du droit commun à destination à la fois des nouveaux quartiers prioritaires, mais aussi aux quartiers de vieille active. A noter que d’autres villes ont choisi de faire un effort plus important, à l’instar de la municipalité de Grenoble, qui face au repli de l’Etat a augmenté de 10% sa participation…

Quelques remarques toutefois … de forme et de méthode tout d’abord.

 

Ce vote est un vrai soulagement pour les structures associatives. Et j’oserai dire enfin ! En effet, la réforme de la politique de la ville et sa loi du 21 février 2014 nous avait annoncé un resserrement de la géographie prioritaire, faisant passer nationalement le nombre de quartiers concernés de 2350 à 1300. C’était en février 2014 et on savait déjà que l’Etat cherchait à se désengager…

Je ne reviendrai pas ici sur le débat du critère unique du revenu médian, qui lisse les disparités territoriales et écrasent les singularités des territoires.

Finalement, à Lyon, ce désengagement entraîne une diminution de la couverture des personnes concernées de 17 % à 7 %.

Conscient de cet enjeu, les élus du groupe Lyon Citoyenne et Solidaire avaient depuis l’année dernière entrepris un certain nombre d’initiatives.

Notre souhait : proposer une méthode de travail afin d’accompagner les quartiers vers une nouvelle forme de politique de la ville.

Parmi les préalables à ce débat, nous demandions :

–         Une évaluation globale des effets de la politique de la ville dans nos quartiers ;

Une refonte des projets de territoire à partir des réalités territoriales des quartiers (leurs atouts et leurs difficultés), comme base de discussion à la priorisation de l’action publique et des programmations financières ;

–         Enfin, une implication des acteurs associatifs et des citoyens dans ce processus.

Initiatives qui sont restées lettre morte. Nous avions alors parlé d’une commission générale à ce sujet en Septembre… nous l’attendons toujours !

Alors certes, l’Etat a tardé à nous faire parvenir une cartographie claire et définitive, mais n’aurions-nous pas pu profiter de ce laps de temps pour engager une dynamique avec les quartiers ? N’aurions-nous pas pu mobiliser citoyens et associations en vue de ces nouveaux projets de territoire ?

Pourquoi cette attention sur la forme et la méthode ? Parce que j’ai pu lire le rapport Pour une réforme radicale de la politique de la ville – Ca ne sera plus sans nous !, remis à Philippe Lamy, alors Ministre de la Ville en Juillet 2013.

Ce rapport, écrit par Marie-Hélène Bacqué et Mohamed Mechmache, a été l’objet d’une mobilisation des acteurs associatifs et citoyens des quartiers afin de tirer un bilan de leurs actions. Voici ce qu’on peut y lire :

« La politique de la ville est restée une politique conduite et décidée « par le haut », avant tout initiée par des professionnels et des élus locaux. Certes, elle n’a pas été sans effets concrets en termes d’aménagements urbains ou de renforcement des services publics de proximité mais elle n’a pas produit la dynamique sociale attendue. »

Finalement, nous ne faisons que répéter la même méthode de travail, une méthode descendante, sans implication des usagers, celle dénoncée dans ce rapport, une méthode reproduisant à cours sur ces erreurs du passé.

Deux remarques de fond ensuite.

Où est donc passé la transversalité à Lyon ? On a plus l’impression ici de voir la déclinaison de soutien auprès d’acteurs locaux, sans chapeau commun, sans mise en perspective globale sur les disparités territoriales des quartiers. 

Nous votons d’ailleurs aujourd’hui un projet morcelé en 8 programmations différentes abordant chacune un thème spécifique.

Nous savons aussi que sans la signature des projets de villes, l’Etat ne s’engagera pas dans les opérations de renouvellement urbain. Or, le constat du rapport Bacqué/Mechmache est sans appel : « La logique première des opérations d’aménagement du PNRU n’a pas été d’améliorer la convivialité des quartiers mais le rattrapage avec les autres quartiers de la ville. »

 

Donc allons au plus vite sur le volet soft pour attaquer le dur, celui du béton ! Ce volet hard qui permet de rééquilibrer la sociologie des quartiers, sans réellement résoudre les problèmes des populations vulnérables…

 

En conclusion, oui nous voterons ces programmations financières, mais avec les élus Lyon Citoyenne et Solidaire, nous regrettons l’absence d’innovation et d’ambition à la fois dans le processus, mais aussi dans le contenu des projets de territoire.

Car à Lyon, nous faisons une politique de la ville descendante, basée sur des principes généraux. Et tant pis pour les réalités et spécificités locales, ainsi que l’expression citoyenne ! Au pire, on fera des avenants à la convention…

Arthur REMY

Délibération 2015 / 1114 : Programmation financière 2015 au titre de la politique de la ville – volets lien social, gestion sociale et urbaine de proximité et participation des habitants

 

 

 

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