[10/06/2015] Les établissements d’accueil

Grand Lyon Les auditions

[AUDITIONS DE LA METROPOLE – 10 JUIN 2015]

#LES ETABLISSEMENTS D’ACCUEIL AU SERVICE D’UNE METROPOLE INCLUSIVE


Les établissements d’accueil au service d’une Métropole inclusive
Synthèse de l’audition – 10 juin 2015

Depuis janvier 2015, La Métropole a la compétence de l’action sociale. A ce titre, elle participe à la vie d’un certain nombre d’établissements accueillant des publics divers (personnes âgées, personnes handicapées, enfants…)  par le financement, la délivrance d’agréments et une présence dans l’élaboration et le suivi de schémas et plans départementaux.

Le groupe des élu-e-s GRAM met en place des temps d’échange ouverts à tous les élu-e-s de la Métropole afin de donner la parole aux acteurs de terrain et d’alimenter la réflexion des élu-e-s sur les politiques mises en œuvre et sur la capacité de la collectivité à accompagner le développement des services et leur modernisation.

Pour cette première audition sur la relation entre la Métropole et les établissements d’accueil, la thématique suivante est proposée aux intervenants :

 Face à une réalité  budgétaire de plus en plus contrainte :

  1. Comment concilier aujourd’hui la commande publique et les besoins des publics ?
  2. Des évolutions sont-elles perceptibles ? Comment les qualifier ?
  3. Quel rôle doit jouer la Métropole dans ces évolutions ?
  4. Quelles sont les attentes des acteurs ?

————————————

En introduction, pour alimenter la réflexion, le professeur des universités Charles Gardou a interrogé le sens du mot «inclusions».

Une société, une Métropole, inclusive : de quoi parlons-nous ?

Charles Gardou est parti de cette question en interrogeant d’abord le sens du mot « Inclusion ».

Lieu commun abusivement mis en avant et venu artificiellement se substituer à la notion d’intégration ?

Est-il, au contraire, annonciateur d’une évolution de nos valeurs et de nos pratiques ?

Constitue-t-il un changement de paradigme situant à un niveau supérieur nos conceptions de la vie commune ?

Représente-t-il une optique susceptible de nourrir une vision renouvelée de notre patrimoine humain et social ?

Reflète-t-il une autre manière de considérer les fragilités humaines ?

Charles Gardou considère que l’édification d’une société inclusive repose sur cinq piliers.

L’un de ces piliers invite à distinguer le « vivre » et l’« exister ». « Vivre sans exister est la plus cruelle des exclusions ». Le vivre renvoie à nos besoins biologiques. L’exister se situe sur le versant de l’esprit et de la psyché, des relations à soi et aux autres, au temps et à la notion de destin :

  • du besoin de reconnaissance par les proches, les amis, les réseaux professionnels ou sociaux ;
  • de la dépendance des solidarités humaines ;
  • de la possibilité de devenir membre d’un groupe et de s’impliquer dans sa société d’appartenance.

Un autre pilier appelle à remettre en cause la hiérarchisation des vies. Je l’énonce de cette manière : Il n’y a ni vie minuscule, ni vie majuscule. Il n’y a qu’une seule humanité, dépositaire d’une condition universelle, entre un plus et un moins, un meilleur et un pire.  La gageure d’une société inclusive est de réunifier les univers sociaux hiérarchisés pour forger un « nous», un répertoire commun.

Un 3ème pilier induit un questionnement sur la notion d’équité et de liberté. Je le traduis ainsi : Une société humaine n’est rien sans des conditions d’équité et de liberté. Le principe d’équité consiste à agir de façon modulée, selon les besoins singuliers, pour pallier les inégalités de nature ou de situation. Si des situations identiques appellent des réponses identiques, les citoyens les moins « armés » et les plus précarisés légitiment des réponses spécifiques.

Un 4ème pilier amène à s’interroger sur la norme et la conformité. Je le formule ainsi : L’exclusivité de la norme c’est personne, la diversité c’est tout le monde. La signification d’une société inclusive se dévoile donc par le plein droit de cité qu’elle offre à la diversité des silhouettes humaines et à leur mode d’accès au monde.

Le dernier pilier conduit à aborder la question de notre patrimoine commun. « Nul n’a l’exclusivité du patrimoine humain et social ». Appartenir à la communauté c’est pouvoir en partager le patrimoine éducatif, professionnel, culturel, artistique et communicationnel. Une société inclusive n’énonce pas : Vous auriez les mêmes droits si vous étiez comme nous. Personne n’a l’apanage de prêter, de donner ou de refuser ce qui appartient à tous. Chaque citoyen a un droit égal à bénéficier de l’ensemble des biens sociaux : la ville, les transports, les espaces citoyens, les salles de cinéma, les bibliothèques, les structures de sport et de loisirs. Nos savoirs, notre culture, nos ressources artistiques font partie de ce capital collectif.

La vie de la Cité ne peut se jouer à huis clos. Chacun a le droit inaliénable d’y prendre toute sa part.

A cette intervention, ont succédé celles de la FNARS, l’ARIMC et l’OVE.

  • La FNARS attend du politique une nouvelle approche pour décloisonner les dispositifs accordant aux associations l’autonomie de leur gestion par une délégation de service public avec des contrats clairs  d’objectifs et de moyens ;
  • Pour l’ARIMC, les personnes en situation de handicap sont de tous âges, de toutes situations sociales et familiales, avec des besoins aussi variés que leurs souhaits et leurs projets. La personnalisation des réponses doit être un objectif. Les questions clés : celle du foncier, de l’accompagnement de la désinstitutionalisation et de la mobilité ;
  • De l’OVE : les personnes en situation de handicap sont des citoyens. Il faut identifier les zones blanches et s’assurer de l’effectivité d’une couverture territoriale des réponses. Nécessité de coupler la logique définition des besoins des personnes avec les prestations offertes et les coûts par type d’accompagnement.

La discussion s’est ouverte avec Renaud George (Synergie), Inès de Lavernée (Les Républicains), Nathalie Perrin-Gilbert (GRAM) et Corinne Iehl (EELV). Le modérateur de l’audition était André Gachet (GRAM).


Retrouvez les prises de paroles de ces élus dans le compte-rendu des débats accessible ci-dessous :

Télécharger (PDF, 158KB)

Synthèse en version téléchargeable :

Télécharger (PDF, 70KB)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *