[06/07/2015] PPI 2015-2020

[CONSEIL METROPOLITAIN DU GRAND LYON – 06 JUILLET 2015

#PLAN PLURIANNUEL D’INVESTISSEMENT 2015-2020 DE LA METROPOLE DE LYON

@NATHALIE PERRIN-GILBERT – CONSEILLERE METROPOLITAINE


 Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Vice-Présidents, Cher-e-s Collègues,

Cette délibération soumise à notre vote aujourd’hui nous présente la programmation des investissements publics qui seront réalisés sur le territoire de notre métropole de 2015 à 2020.

Il s’agit d’une programmation d’investissements dont on peut dire qu’elle revêt un caractère historique puisque c’est la première dans la jeune histoire de notre métropole.

Elle revêt un fort caractère politique également, puisque cette programmation nous engage pour cinq ans et qu’elle définit les contours d’un projet métropolitain. En effet, avec sa première PPI, notre métropole prend forme, avec des compétences dont nous sommes coutumiers du fait de l’histoire du Grand Lyon, mais aussi avec des compétences et des responsabilités nouvelles qui nous sont transmises par l’ancien Département, compétences et responsabilités nouvelles qui nous obligent.

Je souhaite tout d’abord remercier et saluer les personnes qui dans les services ont travaillé sur cette programmation. Je le dis d’autant plus que notre projet métropolitain pour s’inscrire dans la durée a besoin d’être porté et incarné par le personnel de notre métropole, ou plutôt par l’ensemble des personnels de notre métropole.

Pour qu’il soit porté il doit être compris et partagé. Cela nécessite écoute, respect et dialogue social. Il y a notamment une nouvelle culture commune à créer autour de l’ensemble des métiers métropolitains, une culture commune qui ne hiérarchise pas ces métiers, entre ceux qui seraient plus valorisants et donc valorisés -l’aménagement urbain par exemple- et ceux qui seraient vécus un peu comme le parent pauvre de la métropole, avec des compétences et des expertises moins identifiées et moins reconnues, je pense par exemple et notamment aux compétences sociales ou culturelles.

J’en reviens à notre délibération.. Ce sont trois milliards et demi que nous allons investir durant les cinq années à venir sur notre territoire. Trois milliards et demi, répartis plus ou moins en trois tiers entre :

  • les projets de niveau métropolitain, (je relève au passage que la délibération évoque des « projets de niveau d’agglomération », il serait bon désormais que nos délibérations parlent de métropole, tant qu’à faire !)
  • les opérations récurrentes de maintenance et d’entretien du patrimoine de notre métropole
  • les projets territorialisés qui permettent le développement de projets d’aménagement dans les communes.

Monsieur le Président, c’est essentiellement sur la base de ce dernier tiers  (les opérations territorialisées dans les communes) que vous allez recueillir ce soir la presque unanimité des voix de notre assemblée. Il est vrai que vous avez su entendre les demandes des maires, ce qui est à mettre à votre crédit. Vous avez eu le souci de respecter les singularités et  diversités des territoires infra-métropolitains.

 Le Gram (pour l’instant !) n’a d’élu.e.s métropolitains que sur le 1er arrondissement de Lyon. A ce titre, et d’un point de vue géographiquement et politiquement très situé, nous prenons acte avec satisfaction de l’inscription dans la programmation d’investissements du plan d’embellissement de la Presqu’Ile de Lyon, avec notamment coté 1er arrondissement les places Terreaux, Comédie et Pradel, le commencement de la rue de la République, auquel s’ajoute la poursuite des aménagements des rives de Saône. Nous saluons aussi le fait que la place Chardonnet, à la demande des élu.e.s du 1er, fasse partie de la PPI. De même, nous apprécions la volonté d’avancer ensemble, métropole et mairie d’arrondissement, sur le devenir de l’ancien bâtiment du collège Truffaut. Enfin nous avons apprécié le soutien donné par votre vice-président Bruno Charles au projet porté par halle Mart avec l’octroi de financement sur les lignes Psader/Penap.

Ces éléments de la programmation d’investissements sont donc positifs et mettent fin à une période durant laquelle le 1erarrondissement avait pu avoir l’impression d’être oublié. Nous reconnaissons et saluons la fin de cette période.

Pour autant, il n’échappe à personne ici que nous ne votons plus désormais la programmation d’investissements de la Communauté Urbaine mais bien celle de la Métropole.

Pour le dire autrement : nous ne votons plus la programmation d’investissements d’un ancien EPCI mais bien celle d’une nouvelle collectivité territoriale.

Je vais le dire encore autrement : le projet territorial et politique de notre métropole est bien plus selon nous que la somme des intérêts communaux.

 Selon nous, notre métropole doit être une force commune qui permette de répondre partout aux enjeux qui se posent à nous et surtout à nos concitoyens, que ce soit en matière de logement, de transport, d’emplois, de solidarité entre les générations, de transition énergétique, de lutte contre les pollutions, d’éducation, de culture…

Nous voulons que notre métropole soit accessible à tous, avec par exemple une maitrise du foncier qui permette de lutter contre la hausse sans fin du prix de l’immobilier : l’effort consenti une nouvelle fois dans cette PPI pour la production de logement social ne suffira jamais à lui seul, s’il ne s’accompagne pas d’une politique foncière plus volontariste et d’une action sur l’encadrement des loyers.

Tant que nous ne réduirons pas l’écart de prix entre le logement aidé et le logement libre, nous aurons le sentiment d’écoper une barque qui prend l’eau en matière d’équilibre territorial et social.

 

Nous voulons une métropole accessible à tous avec, autre exemple, une tarification des transports urbains et de l’eau en lien avec le quotient familial et la composition des ménages, avec un plan de rénovation thermique de nos quartiers qui soit vraiment ambitieux afin de lutter contre la précarité énergétique et la fracture sociale.

Nous voulons également une métropole inclusive, qui ne différencie pas nos concitoyens selon qu’ils  seraient forts ou vulnérables. Et j’ai encore en mémoire les propos du professeur Charles Gardou qui, lors de l’audition publique organisée par le Gram sur la métropole inclusive, nous parlait de « notre patrimoine commun » : « il ne suffit pas [nous disait-il] de vivre sur un même territoire pour appartenir à sa communauté. Encore faut-il pouvoir en partager le patrimoine éducatif, professionnel, culturel, artistique et communicationnel. »

Pour faire territoire et patrimoine communs, il nous semble que cette PPI devrait encore plus être orientée vers le développement des pratiques et équipements culturels. Nous estimons aussi que notre métropole devrait plus encore inclure son université, ses étudiants, ses campus et ses laboratoires dans la ville, reconnaissant l’enseignement supérieur et la recherche comme une pièce stratégique du développement métropolitain.  Nous devons investir plus que jamais sur la connaissance, la recherche, la transmission.

Pour faire territoire et patrimoine communs, notre métropole doit, plus encore, faire place aux personnes âgées en participant àla construction et au fonctionnement d’équipements médicalisés aux tarifs abordables pour les personnes dépendantesmais aussi en soutenant plus fortement encore le service de maintien à domicile pour les personnes qui peuvent continuer d’habiter chez elles.

Pour faire territoire et patrimoine communs, notre métropole doit également, plus encore, soutenir et protéger l’enfance en difficulté. Le champ de la protection de l’enfance est  fort absent de cette PPI. Nous le regrettons et nous sommes convaincus quenous loupons une réelle opportunité en ne répondant pas à l’appel à projet de l’Etat concernant les nouveaux internats de la réussite.

Pour faire territoire et patrimoine communs, il faut enfin oser partager la prise de décision et encourager la co-responsabilité.

Le rôle du politique à notre sens n’est plus de faire « à la place de… ». Le rôle du politique est de proposer un cadre qui fixe les objectifs de cohérence et cohésion territoriales et sociales, tout en laissant au sein de ce cadre des espaces de liberté, du pouvoir d’initiative, du pouvoir d’agir et d’entreprendre.

Nous regrettons à ce sujet que cette programmation 2015/2020 ne prévoie aucun budget participatif d’investissements. Si comme la ville de Paris, nous faisions le pari de la confiance envers nos concitoyens en leur allouant 5 % de notre budget d’investissement, c’est 175 millions d’euros que nous consacrerions à des projets portés par des habitantes et habitants, laissant surgir créativité, innovation, plaisir à faire ensemble, sentiment d’appartenance à une même communauté territoriale et de destin !

Parce que nous tenons compte localement des avancées de cette PPI mais parce que nous développons une autre vision de notre métropole et de ce que doit être son projet territorial global, nous nous abstiendrons sur cette délibération.

Délibération 2015-0475 – Programmation pluriannuelle des investissements 2015-2020

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