[9/07/2015] Plan pluriannuel d’investissement

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[CONSEIL MUNICIPAL DE LYON – 9 JUILLET 2015]

#PLAN D’EQUIPEMENT PLURIANNUEL VILLE DE LYON

@NATHALIE PERRIN GILBERT – CONSEILLERE MUNICIPALE

 


 

La délibération soumise à notre vote ce soir a pour objet le pland’équipement 2015/2020.

2015/2020, cinq années d’investissements très importantes pour le visage à venir de notre ville, où nous avons un rôle contracyclique à jouer dans le contexte national et international complexe.

Cinq années durant lesquelles nous avons à soutenir le développement de notre ville. Nous le devons à l’histoire et au patrimoine lyonnais, nous le devons aussi aux acteurs sociaux, économiques, culturels, associatifs aux côtés desquels nous sommes engagés pour faire la ville.

 

Nous le devons aussi aux habitantes et habitants, qui ne sont pas épargnés dans leur quotidien par le climat économique et social : nous devons prendre en compte leurs besoins en terme d’équipements de proximité, qu’ils soient sociaux, de santé, éducatifs, culturels, sportifs, qu’ils soient à destination des familles ou des personnes seules, au service de nos aînés ou de la petite enfance.

Nous avons une responsabilité à développer notre ville en harmonie, à faire qu’elle soit à la fois attirante et tournée vers l’extérieur, à la fois soucieuse du bien vivre de ses habitantes et habitants.

Oui, en tant que responsables politiques, c’est la culture du bien commun et laculture du bien vivre que nous avons  à développer encore, et surement plusque jamais, dans notre ville.

Voici donc les enjeux auxquels nous confronte la délibération de ce soir portant sur notre plan d’équipement, un plan d’équipement qui demande ambition et raison, rigueur et souplesse, démocratie et transparence. Je voudrai revenir d’abord sur ce dernier point : démocratie et transparence. En terme de transparence, il y a à redire : il nous est en effet demandé de nous prononcer sur une délibération qui -et j’y reviendrai- présente les grands secteurs sur lesquels nous allons investir  mais qui ne présente pas l’ensemble des projets a priori retenus. Nous avons finalement eu plus d’informations, et ce n’est pas bien, par le biais de votre conférence de presse ou, et c’est mieux, lors de la commission finances présidée par M. Richard Brumm, que je ne manque jamais de remercier, ainsi que ses services d’ailleurs !

Si j’en viens à l’aspect démocratique du plan d’équipement, je peux dire au nom des élus Lyon Citoyenne et Solidaire en responsabilité en mairie du 1er, que le vote des Lyonnaises et des Lyonnais sur le 1er arrondissement a pour l’instant été respecté. Oui, au sein de ce plan d’équipements, nous retrouvonsune partie de nos propositions de campagne, une partie du plan de mandatque nous vous avons transmis en juillet 2014.

Nous en prenons acte, ainsi que j’ai pu le faire d’ailleurs aussi lundi dernier enséance publique de la métropole. Et la réponse que vous nous avez apportéetout à l’heure tant sur la halle de la Martinière et que sur l’accompagnementdu développement du bas des Pentes va dans le bon sens.

Il reste toutefois quelques points d’ombre et je suis inquiète des fermetures annoncées sans concertation avec la mairie d’arrondissement des Bains Douches et de la Salle Rameau. De même sur le devenir du quartier de l’amphithéâtre et de ses bâtiments publics, il nous reste encore à dialoguer et avancer. Je pense aussi à une meilleure application nécessaire de la loi PML, notamment pour ce qui est du transfert et de la gestion d’équipements dits de proximité.

Pour remédier à ces points d’ombre et au défaut de transparence de cette délibération un peu trop généraliste, les élu.e.s Lyon Citoyenne et Solidaire souhaitent la mise en place d’un outil de mise en œuvre et de suivi de ce pland’équipement sur les 5 ans à venir. Un outil de suivi et de co-pilotage qui pourrait être partagé par les neuf maires d’arrondissement, le maire de Lyon et ses adjoints par exemple. Elu.e.s, nous l’avons d’abord été dans des arrondissements : leshabitantes et habitants nous ont fait confiance et nous sommes donc soucieuxque les projets avancent sur nos quartiers, conformément à nos engagements.Mais conseillers municipaux, nous avons aussi à nous assurer que les équilibressont respectés non plus seulement quartier par quartier, arrondissement pararrondissement, mais bien entre les délégations et les compétences de notreville. Nous avons à nous assurer que nous partageons bien les mêmespriorités.

Si l’on compare le plan d’équipement tel que nous avons à le voter ce soir pour 2015/2020 et celui que nous avions voté en décembre 2008 pour la période 2009/2014, qu’observons nous ? Nous observons des lignes stables, certaines en hausse, d’autres en chute. Je ne vais pas les passer en revue une par une, juste revenir sur ce qui me semble essentiel.

Parmi les lignes stables : la petite enfance avec 16.4 millions d’euros inscrits dans le plan d’équipement 2015/2020, alors que nous avions inscrits 16.2 millions d’euros en 2008. Une stabilité qui masque en fait  une baisse relative du fait de la hausse des coûts de construction et de réhabilitation. Pour notre part, c’est une hausse de ces crédits que nous aurions souhaitée.

En effet la petite enfance ne représente que 2.7 % de notre budget totald’investissements alors que c’est une compétence municipale par excellence. D’autre part, et pour revenir au thème de l’emploi qui vous est cher Monsieur le Maire, répondre aux besoins des familles en matière de garde d’enfantsc’est aussi se soucier de la manière dont les parents peuvent travailler ouaccéder au marché de l’emploi, et c’est particulièrement vrai pour les femmes

ou les familles mono-parentales ; c’est vrai aussi pour des parents qui, de plus en plus nombreux, ont des horaires de travail décalés. Parmi les lignes en baisse, le scolaire avec 75.8 millions d’euros inscrits au PEP 2015/2020, contre 78.6 millions en 2008. Nous ne comprenons pas cettebaisse alors que notre ville se densifie. L’augmentation du nombre de familles résidant à Lyon, et donc d’enfants scolarisés, rend indispensable un plan d’équipement plus conséquent pour les écoles. Les travaux dans les écoles ne sont pas des travaux de confort mais conditionnent le bien être des élèves lyonnais, comme d’ailleurs celui des enseignants, intervenants, et personnels municipaux qui évoluent à l’année dans ces bâtiments. Et on a bien vu avec les activités du vendredi après-midi combien certaines de nos écoles étaient à

l’étroit. La ligne d’investissement consacrée au développement économique est divisée par deux et ne représente plus que 0,5 % du plan d’équipement pluriannuel ! Je comprends donc bien la gêne votre adjointe, M. le Maire, pour tenir ses engagements en matière de marchés de producteurs de proximité et donc sa réponse tout à l’heure pour le marché place Griffon. Il est vrai aussi que la compétence du développement économique devient de plus en plus compétence de la métropole.

Le sport est en chute libre passant de 47.8 millions d’euros en 2008 à 29.8 millions en 2015, ce qui ne laisse présager rien de bon en termes de création ou d’entretien d’équipements sportifs de proximité, alors que nos gymnases municipaux ont déjà du mal à accueillir tous les élèves en journée et refusent des créneaux horaires aux clubs en soirée. Le sport pour tous est de la

responsabilité des villes, il permet développement personnel, épanouissement

et lien social. Le sport fait partie de l’offre éducative d’une ville, y comprisd’une ville qui veut rayonner par son sport professionnel. Car, on le sait tous, le sport de haut niveau trouve une de ses sources dans le sport amateur.  Enfin, l’enveloppe Solidarités et Jeunesse passe de 59.3 millions en 2008 à 44.1 millions en 2015 : elle représentait 9.8 % du plan d’équipement 2009/2014, elle ne représente plus que 7.2 % pour 2015-2020. Même si le lien est bon avec votre adjointe à l’action sociale, il n’est pas possible pour nous de consacrer moins à la jeunesse,moins aux personnes âgées, moins aux personnes vulnérables, aujourd’huidans le contexte économique que nous traversons tous.Voilà le paradoxe dans lequel nous nous trouvons. Nous sommes des élussatisfaits d’avoir été pour l’instant entendus pour leur arrondissement, maisinquiets des choix opérés plus globalement sur la ville. Nous renouvelonségalement notre inquiétude dans l’incompréhension croissante despersonnels de notre ville face aux choix que nous opérons.

Aussi nous nous abstiendrons sur cette délibération.

 

 

 

 

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