[03/07/2016] Une part de nous : Michel Rocard (1930-2016)

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[COMMUNIQUE]

//UNE PART DE NOUS : MICHEL ROCARD (1930-2016)

#03 JUILLET 2016


Michel Rocard est mort, nous sommes en deuil.

Aucune récupération opportuniste dans ces mots. Il est juste question de dire notre peine de perdre une part de nous.

Il a incarné un courant intermédiaire, une deuxième gauche, en laquelle bon nombre d’entre nous se reconnaissent.

Le GRAM réunit plusieurs générations.

Certains  se souviennent de Michel Rocard  et du PSU des années 1960. Ils pensent  à 1968, Charléty et sa présence aux côtés de Pierre Mendès-France. Le rocardisme est né de cette volonté de faire exister un socialisme issu des transformations de la société au sein de la SFIO.

D’autres pensent au Premier ministre de 1988 à 1991. Les avancées sont nombreuses : le Revenu minimum d’insertion (RMI), la culture de l’évaluation des politiques publiques mais aussi les Accords de Matignon qui rompent avec la violence dont la droite avait fait preuve. Plus que tout, Rocard a incarné une politique avant-gardiste, adulte et audacieuse.

Les plus jeunes ne l’ont pas connu au pouvoir. Ils ne s’en réfèrent  pas moins à cette figure de la gauche, celle d’un penseur politique en résonance avec son temps. Ils retiennent l’ardent défenseur d’une gauche ouverte et sociale, citoyenne et vivante, engagée dans une vision humaniste de la politique et de l’économie.

Nous sommes tous attachés à Michel Rocard et au sillon qu’il a creusé.

Cette voie-et cette voix- singulière qui alliait une certaine conception de l’État à l’attention portée aux mobilisations et aux forces sociales. Il usait parfois d’un pseudonyme – Servet – pour diffuser ses idées et opinions.

Son sillon est irrigué  par une culture de la concertation, qui l’a tant distingué d’autres hommes de gauche. Il représentait une forme de socialisme qui ne l’a pas emporté en 1981. Un possible non advenu qu’il convient absolument de revisiter. Une non-victoire qui n’est pas synonyme d’échec mais d’avance sur son époque.

En butte aux adversités, internes et externes, Michel Rocard n’a pas réussi à faire exister cette voie intermédiaire –  ouverte aux débats, propice à la réflexion – dans la Vème République et ce malgré sa volonté.

Sa longue vie politique – son engagement remonte à 1949 – a pris, ces dernières années, un nouveau visage. Il a mené de nombreux combats de fond, un peu moins médiatiques, mais non moins essentiels, tels que le changement climatique, la transition énergétique, la place des pôles (Arctique et Antarctique), la réduction du temps de travail… Bien qu’ayant démissionné du Parlement Européen, il continuait à œuvrer pour la construction d’une véritable Europe sociale.

Michel Rocard a incarné une gauche plaçant les valeurs au-dessus de tout, une gauche intellectuelle. Il avait cette capacité à penser et imaginer le futur pour anticiper les évolutions nécessaires. Quand un homme d’État meurt, on a toujours tendance à proclamer « c’était mieux avant ! ». Ce 2 juillet 2016, il n’est même pas utile de le dire tant c’est manifeste.

Ce samedi, le Gram a perdu une source vive d’inspiration. Nous croyons fortement à cette deuxième gauche. À nous d’agir pour à son développement.

Le Gram,

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