Conseil Métropolitain – [30/01/2017] BUDGET 2017

[CONSEIL METROPOLITAIN DU GRAND LYON – 30 JANVIER 2017]

#Le GRAM s’abstient sur le budget 2017 de la Métropole de Lyon

@NATHALIE PERRIN-GILBERT  – CONSEILLERE METROPOLITAINE


Mesdames et Messieurs, mes chers collègues,

Le GRAM s’abstiendra sur le budget 2017 de notre métropole.

Nous nous abstiendrons eu égard à l’investissement professionnel des hommes et des femmes qui travaillent pour notre Métropole. Les hommes et les femmes qui travaillent au sein de la Direction des Finances et grâce auxquels le budget nous est présenté ce soir. Les hommes et les femmes qui suivent les projets des 59 communes et 9 arrondissements de notre Métropole. Les hommes et les femmes qui rendent le meilleur service aux habitants, en proximité et malgré un climat social difficile, voire décourageant et démobilisateur, au sein de notre collectivité.

C’est grâce à ces fonctionnaires territoriaux que nos projets avancent. Nous voulons le souligner à l’occasion de l’examen de ce budget d’investissement et de fonctionnement.

Cependant, cette année encore, nous nous arrêtons à l’abstention, comme en 2015, comme en 2016.

Nous ne voterons pas pour ce budget 2017. Pourquoi ? Parce que s’il est techniquement satisfaisant, et certainement sincère, ce budget est politiquement insuffisant.


Pour le dire autrement : notre métropole est depuis le 1er janvier 2015 une collectivité territoriale à part entière. Pourtant, elle ne fait que reconduire ce que faisait auparavant le Grand Lyon d’un côté, le Département de l’autre.
Quelle plus-value donc pour nos concitoyens et concitoyennes, quelle plus-value pour notre territoire, si notre métropole continue de fonctionner comme un EPCI, et encore…. en moins bien, puisque plus centralisée, moins démocratique et plus opaque ?

Le budget de fonctionnement que vous nous présentez ce soir illustre l’absence d’envergure et de volontarisme politiques d’une métropole comme la nôtre : vaste, riche et collectivité de plein exercice.

De même le budget d’investissement de notre collectivité devrait être, bien plus qu’il ne l’est, autre chose que la somme des projets communaux et d’arrondissements.

Il nous manque une culture métropolitaine commune, qui traverse nos territoires et porte l’identité de notre collectivité. Une culture commune où toutes les compétences de la métropole sont valorisées et assumées avec la même ambition et la même fierté. Nous pensons notamment aux compétences sociales, d’insertion, d’hébergement, de protection des mineurs non accompagnés, du prendre soin des personnes âgées, handicapées, de toutes celles et ceux qui sont en situation de vulnérabilité.

Selon nous, notre métropole doit être une force commune qui permette de répondre partout aux enjeux qui se posent à nos concitoyens : logements à prix abordable, transports à coûts accessibles, transition énergétique et lutte efficace contre la pollution atmosphérique, entretien de notre patrimoine métropolitain, préservation de nos terres agricoles, par exemple….

Selon nous, pour faire métropole commune, pour développer un sentiment d’appartenance à une même communauté territoriale, nos politiques doivent converger vers un objectif : la réduction des inégalités entre nos territoires et la réduction des inégalités entre nos concitoyens.

Selon nous, pour faire métropole commune, nous devons oser partager la prise de décision et le pouvoir. Le rôle des élus n’est pas de dire « je  fais », il n’est pas de non plus de faire « à la place de ».

Le rôle des élus est de porter le « nous », et le « faire avec ». A ce sujet, cette année encore, et malgré nos suggestions et demandes réitérées, le budget 2017 ne comprend toujours pas de budgets participatifs. Et c’est regrettable.

Pour conclure nous reprendrons ce que vous aviez dit Monsieur le Président lors de la création de notre Métropole en 2015 : nos politiques métropolitaines ne doivent pas être le « copier-coller » de l’addition des politiques communautaires et départementale d’antan. Le « copier coller » à éviter, telle était votre expression…


Pour le dire autrement, il ne suffit pas d’assembler les compétences des anciens Grand Lyon et Département pour construire une véritable politique métropolitaine. C’est bien dans le croisement de ces politiques communautaires et départementales, dans leur remise en question régulière et surtout dans leur dépassement, que nous pourrons donner à nos actions une envergure et une dimension nouvelles.
C’est ainsi que nous mènerons une politique métropolitaine de transformation de la vie de nos concitoyens et concitoyennes. C’est cette envergure qui manque à notre collectivité. Pour cette raison nous nous abstenons sur ce budget.

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