Conseil Métropolitain – [18/09/2017] quel financement pour l’accompagnement ?

[CONSEIL METROPOLITAIN DU GRAND LYON – 18 SEPTEMBRE 2017]

# LE FINANCEMENT DE L’ACTION IMMATERIELLE DES AIDANTS NE PEUT ÊTRE REDUITE A L’ADDITION DES ACTES 

@ANDRE GACHET – CONSEILLER METROPOLITAIN


Monsieur le Président, Cher-e-s Collègues,

Permettez-moi tout d’abord un mot sur les lieux dont nous parlons ici dans la délibération concernant la convention avec le GIHP. La résidence Victoria, située dans le 8 ème arrondissement est un modèle de résidence avec services. Il s’agit d’une réalisation rare et unique dans notre agglomération parce qu’elle offre ces services 24h sur 24 ; des soins immédiats à l’assistance quotidienne. Il est bon de savoir que le besoin de se retourner dans son lit, lorsqu’on ne peut le faire seul, trouvera une réponse par la présence d’un personnel spécialisé. Il est bon de savoir que ce personnel est présent et disponible, car nous sommes bien à ce niveau de détail.

C’est aussi pour cela que je conserve un souvenir fort de l’inauguration avec Yvon Deschamps et en présence de Marie Arlette Carlotti alors Ministre en charge.

En marge de son édification, j’ai eu l’occasion, dans le cadre professionnel, de participer à la réflexion sur les questions de droit que pouvaient poser les contrats de location assortis d’un service. Et donc sur le caractère obligatoire du lien entre le locataire et le service et en conséquence sur les questions que pouvaient soulever le départ d’un titulaire qui laisserait dans les lieux un conjoint valide par exemple… Quel avenir pour elle ou lui…

Vous voyez que la question de la vacance a été dès l’origine évoquée. Elle le fut sous l’angle de la protection des personnes.

Que voulons-nous faire aujourd’hui ? Quelques micro-économies ? Inciter à une relation rapide ? Est-ce vraiment un enjeu majeur que nous pourrions chiffrer ? La délibération ne répond pas à cette question et c’est regrettable. Car nous aurions pu réfléchir au modèle proposé. Faut-il réajuster au mois le mois, au trimestre, à l’année ? Quels sont les risques pour la trésorerie des associations concernées ?

Et puis il y a une autre question tout aussi importante. Dans ce domaine, il faut avoir conscience que l’on ne peut raisonner uniquement à l’acte. Le personnel qui intervient 24h sur 24 est présent quelque soit le nombre de lits occupés 7 ou 10 ne changent rien. La présence effective doit être regardée à cette mesure.

Derrière ce montage, il y a la question de l’évaluation dans le secteur médico-social. Question difficile mais déterminante s’il en est. Nous l’avons écrit dans notre tribune de rentrée : l’évaluation de l’action immatérielle des aidants ne peut être réduite à l’addition des actes.

Dans notre délibération de ce jour se cache un germe dangereux, celui de la simplification, celui d’une fausse rationalité dont il faudra un jour payer la facture et dont pour l’heure les acteurs du quotidien risquent de faire les frais.

Notre abstention est un appel à la prudence en attendant, dans un an une évaluation des résultats et peut-être alors une décision prenant véritablement en compte les intérêts des personnes en situation de handicap qui bénéficient de ces services.

Je vous remercie de votre attention.

 Délibération 2017 – 2171 : Signature d’un avenant au contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) conclu pour la période 2016-2018 avec la SARL At’Home et d’un avenant au CPOM conclu pour la période 2017-2019 avec l’association GIHP THONE ALPES pour préciser les modalités de fonctionnement et de financement de dispositifs de mutualisation de la prestation de compensation du handicap 

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